Pourquoi parler de corridors écologiques à l’échelle d’un jardin ?
Le terme de « corridor écologique » a longtemps semblé réservé aux grands projets d’aménagement du territoire : trames vertes, liaisons forestières, passages pour animaux sous les routes… Pourtant, les petites parcelles, notamment les jardins individuels, jouent un rôle de plus en plus reconnu dans le maillage écologique. Selon l’Agence française pour la biodiversité, 55 % des espèces françaises menacées sont concernées par des problèmes de fragmentation des habitats (OFB).
À Hénin-Carvin, dans le Pas-de-Calais, la densité urbaine élevée et la forte emprise industrielle ont laissé peu de place à la nature spontanée. Pourtant, près de 40 % des surfaces communales sont encore constituées de jardins, vergers ou friches privées (données PLUi, 2021). À cette échelle, chaque mètre de haie, chaque point d’eau, chaque coin de pelouse fauchée tardivement contribue à « tisser le paysage » pour circuler, se nourrir, nicher ou se disperser.
Qu’il s’agisse d’un minuscule jardin de ville ou d’un vaste terrain de campagne, favoriser les corridors écologiques, c’est permettre aux oiseaux, insectes, hérissons, amphibiens, mais aussi à une multitude de plantes, de trouver leur voie. Cela implique d’imaginer son espace non comme un ilot isolé, mais comme une maille d’un tissu vivant.