Un héritage minier devenu refuge de biodiversité
Les terrils, ces montagnes de schistes surgies de l'activité minière, sont une signature visuelle du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Dans la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin, ils sont plus qu’un vestige industriel : ils structurent le paysage et la mémoire collective. Aujourd’hui, près de 340 terrils jalonnent la région selon l’INSEE, dont plusieurs à Hénin-Beaumont, Dourges, Noyelles-Godault ou Leforest (INSEE).
En à peine 60 ans, ces amas de déchets charbonniers se sont métamorphosés sous l’action du temps et parfois de la main de l’homme. Beaucoup offrent aujourd'hui des paysages inattendus : des forêts pionnières, des prairies fleuries, voire des mares foisonnantes. Le terril du 94, dit de Pinchonvalles, en est l’illustration locale : vaste de 120 hectares, il a obtenu le titre de “Site naturel d’intérêt écologique majeur” par le Parc naturel régional (PNR) de la région.
Cette reconquête de la vie sur les terrils est spectaculaire. Plus de 740 espèces végétales et floristiques recensées dans l’ensemble du bassin minier, selon le Conservatoire botanique national de Bailleul (CBNBL). Sur certains terrils, on trouve des orchidées (comme l’orchis pyramidal), de la bruyère cendrée, et même des espèces méditerranéennes (hélianthème des Apennins, gaillet des rochers), amenées par le microclimat chaud et sec du substrat schisteux.