Installer un nichoir à mésanges : orientation, hauteur et période de pose
Les mésanges recherchent des cavités pour nicher, mais les arbres âgés présentant des trous naturels ne sont pas présents partout. Un nichoir peut donc compl...
05/09/2025
Leur silhouette noire ponctue les paysages du Bassin minier : terrils de Dourges, terril 205 à Hénin-Beaumont, terril du Pinchonvalles… Sur ces monticules issus de l’activité minière – plus de 340 recensés dans la région selon l’UNESCO – la nature opère un formidable retour. Entre chaleur, sécheresse, substrat pauvre et pentes abruptes, ces reliefs singuliers deviennent le foyer d’espèces rares.
Une récente étude menée par la Fédération Nord Nature révèle que 80 % des amphibiens et reptiles du Pas-de-Calais sont représentés sur au moins un terril (source : "Atlas régional des reptiles et amphibiens", 2022). Les scientifiques notent également le retour de rapaces, comme le faucon crécerelle ou la buse variable, sur ces anciens rebuts de la mine.
Entre les axes urbains et les installations humaines circulent de multiples filets d’eau, mares, fossés et plans d’eau post-industriels. L’étang de la Grande-Bruyère à Courrières, la zone humide de la Marque à Noyelles-Godault ou encore le parc du Vignoble à Montigny-en-Gohelle constituent pour la faune une trame aquatique indispensable.
Au printemps, ces espaces humides s’animent : concerts batraciens, passages de limicoles, émergences de libellules. Depuis 2018, le Conservatoire d’Espaces Naturels des Hauts-de-France développe dans le bassin des actions de suivis batrachologiques et de gestion des plantes invasives, notamment la jussie.
Nombre de sites délaissés après la fermeture des usines ou des infrastructures de transport se sont (re)métamorphosés en poches de nature urbaine ou périurbaine : anciennes voies ferrées, carreaux de fosse, zones incultes… La friche de l’ancienne cokerie à Drocourt, aujourd’hui partiellement requalifiée, abrite l’un des derniers bastions de certaines plantes rares à l’échelle régionale.
La friche de la Motte du Grand Feu, à Oignies, illustre la rapidité avec laquelle la biodiversité peut s’épanouir en quelques années, une fois laissée sans interventions lourdes. On y observe plus de 180 espèces végétales, dont 12 considérées comme d’intérêt patrimonial (source : CEN Hauts-de-France, 2022).
Si la densité de forêts anciennes est faible sur le secteur, quelques boisements méritent le détour, mémoire de paysages plus anciens ou témoins du reboisement contemporain. Le Bois de Florimond à Libercourt, traversé par le GR121A, s’étend sur près de 35 hectares et accueille écureuils, pics et parfois chevreuils.
L’inventaire écologique de la haie bocagère menée par le CPIE Chaîne des Terrils en 2020 recense plus de 160 espèces végétales ligneuses à l’échelle locale, soulignant l’importance des corridors boisés dans le maintien des petits mammifères et de la faune ailée.
À la croisée des mondes rural et urbain, les champs, pâtures, alignements de peupliers, réseaux de haies et talus offrent une transition essentielle entre ville et milieux naturels. Les lisières des communes de Leforest, Bois-Bernard ou Evin-Malmaison réservent, au détour d’un chemin, de belles rencontres : passereaux nicheurs, busards, renards, lièvres ou encore rarissimes motteuses.
Hénin-Carvin, traversée par le canal de la Deûle et ceinturée par ses axes ferroviaires, autres témoins d’une époque industrielle, ne cesse de se réinventer. Les espaces naturels du secteur sont ainsi façonnés par une histoire humaine contrastée autant que par les forces vivantes du présent : colonisation végétale des terrils et friches, préservation des zones humides, réinvention des corridors boisés ou agricoles. La biodiversité qui s’y développe, souvent dans l’ombre des monuments de briques, compose discrètement une nouvelle carte du territoire.
Pour explorer plus en détail chaque site, accéder aux cartographies, trouver les prochaines animations nature ou consulter les derniers inventaires naturalistes, plusieurs ressources existent : le site du Parc naturel régional des Hauts-de-France, les fiches pédagogiques du Bassin minier Patrimoine mondial, et bien sûr les rendez-vous du collectif local “Sorties Nature” coordonné par la maison de l'environnement d’Hénin-Beaumont.