Installer un nichoir à mésanges : orientation, hauteur et période de pose
Les mésanges recherchent des cavités pour nicher, mais les arbres âgés présentant des trous naturels ne sont pas présents partout. Un nichoir peut donc compl...
02/01/2026
Les trames vertes et bleues (TVB) ne sont pas de simples bandes végétalisées dessinées à la hâte sur un plan d’urbanisme. Derrière ce concept, adopté au niveau national depuis la loi Grenelle (2009), s’invente et s’expérimente chaque jour sur le terrain un réseau vivant. Sur Hénin-Carvin, territoire longtemps façonné par l’industrie et l’extraction minière, la TVB s’incarne sous des formes parfois inattendues : anciens terrils, corridors de haies, rivières canalisées et friches regagnées par la flore spontanée.
La trame verte relie ainsi entre eux boisements, prairies, haies et parcs, formant des chemins de vie pour de très nombreuses espèces. La trame bleue, quant à elle, s’appuie sur la présence de l’eau : rivières, ruisseaux, étangs et zones humides. Ensemble, elles dessinent un maillage dynamique essentiel à la préservation de la biodiversité, au maintien d’une qualité de vie urbaine et rurale, et à la lutte contre les effets du changement climatique.
Le Schéma Régional de Cohérence Ecologique des Hauts-de-France (SRCE) pointe plusieurs axes de circulation de la faune et de la flore. Pour Hénin-Carvin, ces corridors s’étendent :
Le Plan Pluriannuel de Restauration Ecologique (PPRE) engagé par la Communauté d’Agglomération Hénin-Carvin (CAHC) cible depuis 2020 la plantation de 8 kilomètres de nouvelles haies et la gestion différenciée de 23 hectares de pelouses urbaines (source : CAHC, rapport 2022).
Au fil des siècles, la Deûle et la Souchez ont été canalisées, détournées voire enfouies. Pourtant, elles reprennent peu à peu leur place naturelle, avec la restauration de berges et la réouverture de certains tronçons à la faune aquatique. Le projet d’aménagement du Parc des Îles en fait un laboratoire à ciel ouvert : créations de mares, prairies inondables, inventaires d’amphibiens. Plus de 16 espèces d’anoures (grenouilles, crapauds) et d’urodèles (tritons) y ont été recensées en 2021 (Conservatoire d’Espaces Naturels des Hauts-de-France).
L'espace de transition entre berges naturelles et zones urbanisées devient ainsi un atout contre les canicules et les orages violents, grâce à un effet tampon (réduction des inondations ponctuelles estimées jusqu’à -12% sur les quartiers riverains concernés — source : URCPIE, 2022).
Sur le secteur de Dourges, le réaménagement de l'ancien site minier a vu la création de 2,5 km de sentiers pédagogiques intégrés à la trame verte, tandis que le collège Paul Langevin à Courrières a mené un projet de jardin de pluie connecté à la trame bleue : une façon concrète d’impliquer jeunes et familles dans la résilience écologique locale.
La TVB, si précieuse, reste fragile face à l’étalement urbain, au retour des projets logistiques ou aux pollutions diffuses (eaux usées, dépôts sauvages). L’enjeu ? Limiter le mitage, préserver les liaisons existantes et restaurer les secteurs “en impasse écologique”.
Le SRCE demande ainsi aujourd’hui aux communes d’intégrer la TVB dans leurs plans locaux d’urbanisme (PLU). Cependant, la mobilisation citoyenne, la concertation avec les agriculteurs et la création de partenariats associatifs (comme avec le Conservatoire d’Espaces Naturels ou l’association GON – Groupe Ornithologique et Naturaliste du Nord–Pas-de-Calais) restent indispensables pour préserver ce maillage.
Au défi écologique s’ajoute donc un défi de dialogue et d’invention collective.
Chaque action, petite ou grande, s’ajoute au maillage. Ce qui semblait insignifiant (poser un nichoir, préserver une mare, planter trois arbres pour relier deux bosquets) devient une pièce essentielle du puzzle écologique local.
À Hénin-Carvin, la nature s’affirme comme un allié précieux, parfois discret mais toujours vital. Redessiner les trames vertes et bleues, c’est permettre à la biodiversité de circuler, à la ville de respirer et à chacun de (re)découvrir son environnement immédiat.
Ce maillage repose sur une mobilisation collective, une rigueur scientifique mais aussi sur la capacité à observer et à valoriser les richesses parfois cachées : les pelouses pionnières des terrils, la danse des libellules près des mares urbaines, la silhouette furtive du renard entre deux quartiers.
En cultivant cette trame de vie, le territoire d’Hénin-Carvin esquisse une histoire où l’écologie s’entremêle au quotidien des habitants, ouvrant la voie à un urbanisme du vivant pour demain.