Les principaux cours d’eau et canaux du territoire
- La Deûle : rivière canalisée qui traverse le territoire du sud vers le nord
- La Souchez : affluent essentiel, charriant eau et biodiversité depuis les collines d’Artois
- Le Canal de la Haute-Deûle : axe navigable majeur, héritage du XVIIIe siècle
- La Houlle : bras secondaire du bassin
- Les fossés et roubines : petites eaux stagnantes souvent issues de l’activité extractive minière ou des aménagements agricoles
La Deûle : une artère historique et vivante
La Deûle, rivière de près de 60 km, relie Avesnes-le-Comte à la Lys via Hénin-Carvin, et marque profondément le territoire. A l’origine, c’était un cours d’eau sinueux, difficilement navigable. Dès l’Ancien Régime, une canalisation progressive vise à soutenir le transport du charbon et l’essor industriel. Aujourd’hui, dans le secteur Hénin-Carvin, la Deûle devenue “canalisée”, chemine entre terrils, cités minières et espaces de loisirs.
- Longueur totale (Deûle) : 58,6 km (source : SAGE Deûle)
- Débit moyen dans la plaine : 13,6 m3/s
- Fonctions principales :
- Régulation hydraulique et prévention des inondations
- Transport fluvial (historiquement le charbon, aujourd’hui de nouveaux trafics et le tourisme)
- Milieu de vie pour de nombreuses espèces aquatiques
- Espaces de convivialité et pistes cyclo-piétonnes (itinéraires EuroVélo 5 et chemin de halage)
La Deûle abrite brochets, perches, brèmes, et, sur ses berges, la nèpe cendrée, étonnant insecte qualifié de “scorpion d’eau”, aujourd’hui en régression (Source : Observatoire des Zones Humides du Pas-de-Calais).
La Souchez : un poumon vert et bleu au pied des collines
La Souchez naît non loin des collines d’Artois, recevant les eaux de sources et de résurgences turbides. Elle traverse notamment Eleu-dit-Leauwette, Avion, puis serpente près des anciens puits de mines d’Hénin-Beaumont avant de rejoindre la Deûle. Son débit, variable, est sensible aux précipitations et à d’anciens rejets miniers.
- Longueur : 21 km (source : Fédération de Pêche du Pas-de-Calais)
- Bon état écologique sur sa partie amont, plus fragilisé à l’aval (indice hydrobiologique, source : SANDRE)
- Richesse faunistique remarquable :
- Habitats pour la bouvière, espèce en déclin partout ailleurs
- Présence discrète de la loutre d’Europe au sud de Lens, signalée dans les années 2010 (Source : Groupe Mammalogique de France)
- Hérons, martins-pêcheurs et insectes aquatiques
Le Canal de la Haute-Deûle : du charbon à la trame verte et bleue
Commandé dès le XVIIIe siècle, cet ouvrage linéaire relie Courrières à Lille, filant au nord de Dourges. Long de 34 km, il a été élargi dans les années 1960 pour le grand gabarit, accompagnant la modernisation du transport. Aujourd’hui, à l’interface de vastes friches industrielles et de nouvelles zones humides colonisées par la végétation pionnière, il devient un outil de reconquête écologique.
- Longueur totale : 34,2 km
- Largeur : jusqu’à 25 m
- Usages contemporains :
- Navigation marchande (vrac, conteneur, matériaux de construction)
- Promenade et tourisme fluvial
- Corridor de migration avifaune et passage de loutre identifié (source : Groupe Ornithologique et Naturaliste du Nord Pas-de-Calais)
Des initiatives de “renaturation” y voient le jour, comme la restauration de berges végétalisées ou la création de frayères pour le brochet, menées par l’Agence de l’Eau Artois-Picardie et le Conservatoire d’Espaces Naturels des Hauts-de-France.
Roubines, fossés et eaux minores : le maillage invisible
Au cœur du bassin minier, le ruissellement naturel est profondément modifié par des réseaux secondaires, oubliés et pourtant capitaux pour la biodiversité. Les roubines – petits canaux souvent perpendiculaires aux rivières, servant à assainir et drainer les terrains suraffleurant – accueillent une foule d’espèces adaptées aux eaux stagnantes ou faiblement courantes : dytiques, crapauds calamites, libellules peu courantes comme le sympétrum à nervures rouges (Sympetrum fonscolombii).
- Fonctions hydrauliques : tampon lors de tempêtes, limitation de la remontée de la nappe
- Zones d’amphibiens : site de reproduction stratégique (source : Atlas de la biodiversité communale, 2022, Porte du Hainaut)
Dans les secteurs de Rouvroy, Dourges ou Hénin-Beaumont, ces linéaires peuvent constituer jusqu’à 15% de la “surface en eau” recensée sur carte IGN.