Installer un nichoir à mésanges : orientation, hauteur et période de pose
Les mésanges recherchent des cavités pour nicher, mais les arbres âgés présentant des trous naturels ne sont pas présents partout. Un nichoir peut donc compl...
17/01/2026
Dans l’imaginaire collectif, la nature du bassin minier se résume trop souvent à ses terrils et ses anciennes usines. Pourtant, entre Hénin-Beaumont, Carvin, Montigny ou Dourges, un autre maillage se dévoile à qui sait regarder : une véritable trame verte, faite de bois ancestraux, de friches florissantes et de haies rescapées. Ce réseau écologique, soudé à la fois par la main de l’homme et le temps long de la nature, soutient la biodiversité locale et relie les habitants à leur territoire.
Pourquoi cette trame verte est-elle précieuse sur ce bout du Pas-de-Calais ? Parce qu’ici, la densité urbaine et l’ancienneté industrielle auraient pu effacer jusque dans les mémoires l’idée même de nature. Pourtant, ce sont ces forêts, ces friches et ces haies, forces tranquilles et obstinées, qui rendent la vie possible pour de nombreuses espèces, et permettent aux humains de renouer avec leur environnement.
Contrairement à une idée reçue, le territoire d’Hénin-Carvin n’est pas exempt de zones boisées dignes d’intérêt. Selon l’Observatoire des forêts du Nord–Pas-de-Calais, environ 8 % du territoire communal reste boisé (source : Observatoire des Forêts Nord–Pas-de-Calais, 2021), ce qui place le secteur dans la moyenne régionale. Si l’on y ajoute les petites parcelles arborées et les corridors boisés en bords de routes ou de cours d’eau, la dynamique forestière locale s’avère étonnamment vivace.
Si les grands boisements sont parfois réduits à des superficies modestes (Bois de l’Abbaye : à peine 7 ha), ils n’en jouent pas moins un rôle clé. Ils servent de refuges à des rapaces nocturnes (chouette hulotte, Effraie des clochers) et abritent de petits mammifères, tels que hérissons et écureuils roux. L’éducation à l’environnement s’appuie souvent sur ces milieux pour initier les écoliers à la biodiversité : selon la Maison de la Nature du Pas-de-Calais, plus de 2000 jeunes par an participent à des sorties sur ces sites.
La véritable originalité du paysage d’Hénin-Carvin réside dans ses friches. Issues de l’arrêt de l’activité minière ou d’anciennes zones industrielles, ces espaces en reconversion sont devenus des “réservoirs de biodiversité” majeurs selon l’Agence régionale de la biodiversité (source : ARB Hauts-de-France 2023).
Ces friches hébergent des espèces rares ou opportunistes. Il n’est pas rare d’y observer la cigale des montagnes, le lézard des murailles ou même, certains printemps, le passage du tarier pâtre. Les scientifiques confirment leur intérêt, à l’image des études menées par le Muséum national d’Histoire naturelle (INPN), qui recense sur le bassin minier plus de 200 espèces floristiques jamais inventoriées ici avant l’abandon industriel.
Quand on regarde une carte aérienne du territoire, les réseaux de haies dessinent de véritables veines vertes, encadrant villages, lotissements et cultures. Selon les derniers relevés du Conservatoire botanique national de Bailleul, il reste 480 km de haies champêtres sur les 14 communes du territoire, un chiffre en progression depuis 2004 grâce aux acteurs locaux engagés dans la trame verte et bleue (communauté d’agglo, associations, agriculteurs).
Leur utilité est multiple :
Certaines haies sont le vestige d’anciennes divisions parcellaires médiévales, persistances historiques souvent accompagnées d’arbres têtards pluricentenaires, comme à Evin-Malmaison ou Courrières.
Pour comprendre ce patchwork végétal, la trame verte est définie dans le cadre du Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE Hauts-de-France) comme l’ensemble des continuités écologiques terrestre, connectant entre eux réservoirs, corridors et zones relais.
Sur Hénin-Carvin, on distingue trois types d’éléments dans cette trame :
Ces fonctionnalités permettent la circulation des espèces, un brassage génétique salutaire et une résilience accrue face aux changements globaux. Selon la Région, plus de 70 % de la biodiversité locale dépend aujourd’hui du maintien de cette trame (Région Hauts-de-France).
La présence locale d’une trame verte améliore la santé publique : en offrant des refuges de fraîcheur urbaine, en luttant contre les inondations, en favorisant la dépollution des sols. Les recherches de l’Agence de l’environnement (ADEME) montrent que les habitants vivant à moins de 300 m d’un corridor naturel bénéficient statistiquement d’une meilleure qualité de l’air et d’une réduction du stress.
La trame verte d’Hénin-Carvin n’est pas figée : elle évolue, s’enrichit ou se fragilise selon nos choix. Les enjeux sont nombreux :
Territoire industriel hier, mosaïque verte aujourd’hui, Hénin-Carvin s’offre à nous par ses tressages de forêts, ses friches vibrantes et ses haies patientes. Au fil d’une promenade ou d’un projet de classe, à travers jumelles ou loupes botaniques, il nous appartient d’habiter et de révéler cette trame. D’autres espèces, insoupçonnées, attendent peut-être que nous leur laissions la place de s’y (ré)installer.
Pour aller plus loin :