Installer un nichoir à mésanges : orientation, hauteur et période de pose
Les mésanges recherchent des cavités pour nicher, mais les arbres âgés présentant des trous naturels ne sont pas présents partout. Un nichoir peut donc compl...
11/09/2025
Après l’arrêt de l’exploitation minière dans les années 90, la végétation spontanée a commencé à coloniser les terrils, profitant de l’absence de gestion intensive. Sur ces buttes de schistes, exposées au vent et à la chaleur, la nature improvise : mousses pionnières, herbacées robustes, puis arbustes et finalement, forêts. Ce processus, qu’on nomme succession écologique, se produit par vagues sur des décennies, et chaque étape attire sa propre cohorte d’espèces.
D’un terreau artificiel est né un creuset d’habitats variés, où la chaleur du schiste crée des microclimats propices à des espèces rares dans la région (notamment les reptiles).
À Haillicourt, près de Bruay-la-Buissière, le terril 94 est un champion de la reconquête végétale. Sa partie sommitale, orientée plein sud, abrite une mosaïque incroyable de pelouses sèches, rares dans le nord. Plusieurs espèces d’orchidées y fleurissent chaque année au printemps :
Ces deux espèces protégées côtoient également la gentiane amère et la scabieuse, montrant que le sol appauvri et la chaleur du schiste profitent à la flore méditerranéenne.
À Hénin-Beaumont, le duo formé par les terrils de la fosse Barrois (classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, source : UNESCO) fait figure d'emblème local. Depuis les années 2000, ces terrils sont suivis par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et accueillent :
Un suivi a recensé jusqu'à 68 espèces d’oiseaux différentes sur le site sur une même année (source : Observatoire BVM, 2021).
Celui-ci, audacieusement rectiligne, surplombe Dourges. Sa spécificité réside dans la présence de reptiles :
C’est aussi ici que la Société herpétologique du Nord mène plusieurs observations et inventaires chaque année.
Inscrit au Réseau des Espaces Naturels Sensibles (ENS) du Pas-de-Calais, ce terril montre un exemple avancé de reforestation spontanée :
Au sol, la petite violette odorante et la Primevère officinale profitent de micro-climats boisés.
Il y a trente ans, beaucoup voyaient dans les terrils des friches à urbaniser ou à boiser systématiquement. Aujourd’hui, la loi (notamment la Trame Verte et Bleue) et le label UNESCO incitent au contraire à leur préservation en tant que réservoirs de biodiversité.
Sur certains sites comme Hénin-Beaumont et Oignies, la fréquentation grand public est conciliée avec une gestion différenciée (zones refuges, sentiers balisés, panneaux de sensibilisation).
Valoriser la diversité des terrils n’est ni figer ni domestiquer leurs dynamiques. À contre-courant des grandes opérations de reboisement d’hier, les gestionnaires privilégient la diversité des milieux : boisements, clairières, mares, pentes arides — autant de niches pour accueillir la faune et la flore locales, mais aussi des espèces méditerranéennes ou montagnardes poussées là par le microclimat.
Aujourd’hui, les terrils ne sont plus seulement des vestiges du passé industriel, ils s’affirment comme de véritables laboratoires de la biodiversité en mouvement. Pour qui sait s’arrêter en bord de sentier, ils offrent un concentré d’évolution naturelle à ciel ouvert, à deux pas de la ville.
Les promeneurs qui s’aventurent hors des sentiers battus donnent chaque jour un sens nouveau à ces montagnes noires. Si chaque terril a des trésors à révéler, leur avenir dépend aussi d’un engagement collectif : celui de regarder et de préserver, à notre échelle, l’extraordinaire vivant du quotidien.