Quels types de projets sont réalisés sur le réseau hydrographique local ?
1) Le reméandrage et la désimperméabilisation des berges
Partager l’espace entre l’eau, la faune, la flore et les usages humains est un défi. Sur la Souchez, en 2023, 900 mètres de linéaire ont ainsi retrouvé une courbe naturelle après avoir été rectilignés à l’époque minière. Ce projet, mené par la Communauté d’Agglomération Hénin-Carvin (CAHC) et l’Agence de l’Eau, a permis :
- D’améliorer la circulation de l’eau lors des crues.
- De restaurer 2 ha de prairies humides en bordure du marais de Dourges.
- De voir revenir, dès la première année, des colonies de libellules du genre Sympetrum.
Dans ces zones, la désimperméabilisation consiste à retirer des enrochements, d’anciens quais ou passerelles bétonnées pour laisser place à une végétation spontanée.
2) La restauration de continuités écologiques
Les ouvrages (barrages, ponts, vannes) bloquent la libre circulation des poissons et sédiments. Sur la Deûle, la suppression partielle du barrage de Leforest en 2019 a permis le retour de la truite fario sur 1,8 km de rivière, une première depuis plus de 60 ans dans ce secteur (source : Fédération de pêche 62).
Le “Plan Régional Franchissabilité” cible plus de 32 points noirs sur 40 km de berges locales à traiter d’ici 2027 (source : SAGE Deûle).
3) La gestion active et l’extension des zones humides
Les marais, mis à mal par l’urbanisation, sont aujourd’hui protégés et parfois recréés :
- Marais de Dourges : 68 ha rachetés entre 2010 et 2020 ; restauration de 5 mares, ouverture de sentiers pédagogiques, inventaire régulier des amphibiens et odonates.
- Prairies humides de Courrières : pâturage extensif réintroduit depuis 2018 avec des moutons rustiques ; recul de 40% des ronces et des espèces invasives en 24 mois (source : Conservatoire d’espaces naturels).
- Création de “noues urbaines” à Hénin-Beaumont et Montigny-en-Gohelle : infiltration des eaux de pluie, réduction de 15% des ruissellements en quartier sensible La Fabrique.
4) Le suivi de la qualité de l’eau et la lutte contre les micropolluants
L’héritage industriel a profondément marqué le bassin. Le suivi annuel effectué par la DREAL identifie chaque année :
- Une amélioration moyenne de 11% de la qualité physico-chimique des eaux depuis 2010 sur les affluents de la Deûle.
- Mais des pollutions récurrentes aux nitrates, pesticides, métaux lourds (Agence de l’Eau Artois-Picardie).
Les campagnes de sensibilisation contre les rejets domestiques, le développement des zones de phyto-épuration et la limitation de l’usage de produits phytosanitaires commencent à porter leurs fruits, mais les défis restent immenses.