Installer un nichoir à mésanges : orientation, hauteur et période de pose
Les mésanges recherchent des cavités pour nicher, mais les arbres âgés présentant des trous naturels ne sont pas présents partout. Un nichoir peut donc compl...
18/07/2025
Longtemps, connaître la biodiversité locale s’est apparenté à une passion réservée à quelques spécialistes. Pourtant, le recensement et le suivi des espèces protégées, de la vipère péliade à l’orchidée bouc, est bien plus qu’un loisir d’initiés. C’est une nécessité à l’heure où l’érosion de la biodiversité devient l’un des enjeux majeurs du siècle, y compris sur le territoire d’Hénin-Carvin et dans tout le Pas-de-Calais.
Protéger une espèce sans la connaître relève du pari hasardeux. Collecter et suivre les données permet :
Toutes les espèces n’ont pas le même statut. Certaines sont strictement protégées par la loi (ex : droit français – articles L411 du Code de l’environnement), d’autres bénéficient d’un suivi régional ou communal. Voici quelques catégories concernées :
En France, environ 1 600 espèces animales et 600 espèces végétales sont protégées sur tout ou partie du territoire national (source : OFB - Office Français de la Biodiversité). Au niveau régional, la liste rouge du Pas-de-Calais identifie plus de 70 espèces animales en danger critique, dont certaines présentes dans le SIPS Hénin-Carvin.
La collecte d’informations sur les espèces protégées se construit à plusieurs mains, à partir de compétences et d’horizons variés :
Au fil des années, la place de l’amateur s’est renforcée : aujourd’hui, la moitié des données régionales sur les oiseaux provient de suivis participatifs ou d’observations citoyennes, transmises via Faune-France ou INPN espèces (source : Muséum national d’Histoire naturelle).
Chaque démarche implique de cerner le secteur à couvrir (par exemple, les terrils, zones humides, parcs urbains…) et les groupes d’espèces à privilégier. Certains suivis visent les “espèces indicatrices” de l’état de santé d’un milieu, d’autres ciblent des espèces “phares” menacées ou emblématiques.
La rigueur impose d’employer des protocoles éprouvés, pour rendre les données comparables dans le temps et l’espace :
Des séries de visites sont programmées selon le cycle de vie des espèces. Par exemple, le crapaud calamite n’est quasi visible que lors de quelques nuits printanières après la pluie.
À l’ère numérique, fini les carnets papier voués à l’oubli : la donnée brute est saisie sur des applications comme OBSenMER, NaturaList, ou Faune-PACA, puis vérifiée par une équipe de coordinateurs.
Un comité (souvent associatif ou expert, selon les régions) vérifie les signalements inhabituels. Chaque donnée de triton ponctué ou d’orchis incarnat passe devant un œil exercé pour éviter les erreurs.
Les données intègrent progressivement des bases nationales (INPN – Inventaire National du Patrimoine Naturel), régionale (SIGOGN) ou locale via certains portails d’agglo. Cet archivage collectif permet, par effet boule de neige, d’alimenter :
Les nouvelles technologies transforment la collecte et le suivi. Si observer à l’œil nu reste précieux, le recours aux innovations se démocratise, même à l’échelle du bassin minier :
En 2022, lors d'une opération coordonnée sur la préservation du triton crêté, la détection d'ADN environnemental dans trois mares du territoire a permis de découvrir la présence de l’espèce alors que les comptages visuels étaient restés vains (source : CPIE Chaîne des Terrils, rapport annuel 2022).
À Hénin-Carvin, le terrain est à la fois sauvage et modelé par l'humain. L’ancienne friche de Dourges et les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle offrent deux exemples de suivi contrastés :
Dans le bassin minier, le contact régulier avec des passionnés locaux permet d’obtenir des retours d’observation précieux, qui viendront enrichir les bases de données nationales.
Les données issues des recensements et suivis locaux servent à orienter de nombreuses décisions et à garantir la prise en compte de la biodiversité sur notre territoire :
En 2021, les données de suivi ont notamment permis à la communauté d’agglo Hénin-Carvin d’identifier deux nouveaux sites à intégrer à la trame verte et bleue, garantissant ainsi la connectivité entre les milieux aquatiques et terrestres (source : Communauté d’Agglomération Hénin-Carvin).
Chaque année, le nombre de suivis augmente, mais aussi la complexité : le changement climatique, l’arrivée d’espèces exotiques envahissantes et la fragmentation des habitats imposent de nouvelles adaptations.
La clé : croiser rigueur scientifique, implication citoyenne et adaptation permanente des outils. Le succès du recensement local dépend de la capacité à fédérer habitants, élus, scolaires, agriculteurs et associations autour d’un même récit : celui d’un territoire où la biodiversité ne se protège pas toute seule.
Pour celles et ceux qui désirent s’investir, les portes sont grandes ouvertes. Qu’il s’agisse de signaler un hérisson dans son jardin, de participer à un week-end de comptage ou tout simplement d’être curieux du vivant autour de soi, chaque geste compte dans la grande aventure du recensement local.
Pour retrouver les contacts utiles et les protocoles ouverts à l’engagement citoyen : www.faune-france.org, ou, plus localement, la communauté d’agglomération ou auprès des associations naturalistes recensées.