Installer un nichoir à mésanges : orientation, hauteur et période de pose
Les mésanges recherchent des cavités pour nicher, mais les arbres âgés présentant des trous naturels ne sont pas présents partout. Un nichoir peut donc compl...
26/02/2026
Les dernières décennies ont vu les milieux aquatiques du bassin minier grignotés ou artificialisés. Dans la communauté d’agglomération Hénin-Carvin (14 communes, plus de 126 000 habitants selon l’INSEE, 2021), les chiffres parlent : entre 1950 et 2000, la région a perdu près des deux tiers de ses zones humides selon l’Agence de l’Eau Artois-Picardie. Désormais, de nombreux tronçons de ruisseaux sont busés ou rectifiés, et les infiltrations d’eau douce se heurtent aux sols imperméabilisés des quartiers, zones d’activités ou anciens carreaux de mine.
Depuis 2010, la communauté d’agglomération Hénin-Carvin (CAHC) a engagé ou accompagné plusieurs dispositifs de restauration hydrologique, seuls ou en partenariat. Focus sur les plus significatifs, souvent en concertation avec les associations naturalistes, collectivités, syndicats de rivière et agences de bassin.
La Haute-Deûle complète le passage du canal à grand gabarit par un réseau de bras secondaires, parfois relictuels, appelés localement "marais". Depuis 2017, un projet multi-partenarial vise à reconnecter ces bras morts au lit principal et à restaurer la dynamique naturelle sur plus de 30 hectares entre Courrières, Dourges et Hénin-Beaumont.
L’histoire minière a généré un relief accidenté, où de nombreux terrils voient affleurer les nappes. Plusieurs communes se sont emparées de cette contrainte pour initier, dès 2014, un projet de régénération de mares et d’étangs sur 5 sites pilotes, notamment à Rouvroy et Montigny-en-Gohelle.
Le ruisseau du Vieil Œuf, petit affluent du canal de Lens, présentait un lit rectifié et busé sur 60 % de son tracé depuis les années 70, ce qui nuisait au transit piscicole et favorisait les stagnations polluantes. Un ambitieux programme de restauration a vu le jour dès 2016 sur les communes d’Hénin-Beaumont et Montigny-en-Gohelle.
La restauration hydrologique locale ne consiste pas à “remettre la nature comme avant” en grand travaux. Les techniques privilégient :
Le coût moyen d’un projet de restauration sur le bassin Hénin-Carvin se situe entre 35 000 € et 250 000 € selon la taille (CAHC, 2023). Les financements proviennent en partie de l’Agence de l’Eau Artois-Picardie, de la Région, du FEDER ou de la CAPEB.
La réussite de ces projets tient à la mobilisation des partenaires. Quelques exemples locaux :
Voici le retour de quelques sites-clés, cités par les acteurs du territoire :
| Site | État avant projet | Changements après restauration |
|---|---|---|
| Marais de la Haute-Deûle (Dourges) | Saulaie fermée, peu d’eau libre, banalisation faunistique | Progression de la roselière, 3 fois plus de couples de Rousserolle verderolle observés en 2023 (source : LPO Nord) |
| Mare du terril 205 (Rouvroy) | Colmatage accru, envahissement par la renouée du Japon | Retour de la Grenouille agile, amélioration de la qualité d’eau (contrôles Amphibia-Nat, 2022) |
| Bras du Vieil Œuf (Hénin-Beaumont) | Lit busé, absence d’écoulement sauf pluie, pollution chronique | Repopulation par la Loche franche, recréation de petites zones de frai printanier |
La CAHC et ses partenaires affichent désormais des ambitions renforcées : d’ici 2027, 12 km de cours d’eau supplémentaires pourraient bénéficier de mesures de renaturation, la restauration de 10 hectares de prairies humides est en projet sur le secteur de Noyelles-Godault et neuf nouvelles mares devraient voir le jour en zones urbaines.
Par ailleurs, la pédagogie grand public prend de plus en plus d’ampleur : balades commentées, protocoles de sciences participatives, restauration de mares “écoles”, ou encore création de sentiers d’interprétation. Le succès du dernier “Printemps des zones humides” (plus de 600 participants en 2023, selon le CPIE Chaîne des Terrils) témoigne d’un engouement croissant.
L’histoire hydrologique d’Hénin-Carvin est loin d’être achevée. Sur un territoire qui a longtemps lutté contre l’eau, il s’agit plus aujourd’hui d’apprendre à vivre avec elle, en réinventant un art de la cohabitation entre humains, rivières et marais.
Pour aller plus loin :