Des pratiques forestières renouvelées : observer, accompagner, restaurer
Privilégier une sylviculture « proche de la nature »
Une tendance saisissante aujourd’hui : près de 40 % des collectivités gestionnaires disent privilégier des modes de sylviculture avec un minimum de coupes rases et un maintien de vieux arbres ou d’arbres morts sur place, essentiels à la biodiversité locale (Rapport ONF 2023). Les essences locales (chêne sessile, hêtre, érables) sont favorisées lors des plantations de renouvellement, avec des mélanges pour diversifier la structure de la forêt.
- La commune de Marly-le-Roi a, par exemple, introduit depuis 2018 des îlots de sénescence sur 10 % de ses parcelles pour favoriser la faune saproxylique (insectes liés au bois mort).
- Montreuil a lancé des chantiers « jardiner sa forêt » : mélange naturel, éclaircies douces, gestion de la régénération naturelle plutôt que plantation systématique.
La restauration écologique appliquée aux lisières et au sous-bois
La reconstitution de lisières, mise en place de haies mellifères en périphérie des massifs communaux, restauration de mares forestières… Ces projets, souvent coordonnés avec des associations naturalistes, montrent leur efficacité : en moyenne, la biodiversité aviaire augmente de plus de 25 % dans les cinq années suivant la restauration de ces micro-habitats (Suivi LPO, 2017-2022).
À partir de 2021, plusieurs petites communes de Seine-et-Marne, dans le cadre des Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux, ont restauré collectivement 14 kilomètres de lisières boisées, offrant ainsi une trame verte et bleue connectée à l’échelle du territoire.
Anticiper les risques sanitaires et climatiques
Le changement climatique met les gestionnaires locaux face à des défis inédits : dépérissement du chêne, scolytes sur l’épicéa, sécheresses et feux précoces. Depuis 2018, près de 150 000 hectares de forêts communales ont subi un dépérissement important, principalement dans l’Est et le Sud-Ouest (IGN, 2023). Les collectivités, appuyées par l’ONF, adaptent leurs plantations : diversification des essences, introduction d’arbres plus résistants (chêne pubescent en plaine, cèdre dans le sud du Massif central), suivi sanitaire annuel.
- En Haute-Corrèze, un collectif de 8 communes suit un protocole participatif de veille sanitaire, impliquant élus et bénévoles, pour détecter les foyers d’infestation de ravageurs.
- Plusieurs villes pilotent des “expérimentations climatiques” : micro-parcelles test avec différentes essences, arrosage temporaire, cantonnement temporaire pour limiter le piétinement en période de stress hydrique.