Installer un nichoir à mésanges : orientation, hauteur et période de pose
Les mésanges recherchent des cavités pour nicher, mais les arbres âgés présentant des trous naturels ne sont pas présents partout. Un nichoir peut donc compl...
25/09/2025
En traversant les campagnes du Nord ou en flânant aux pieds des terrils, on croise mille visages de la "forêt". Mais tous les espaces boisés ne se ressemblent pas. De la hêtraie feuillue de grande taille, qui évoque la Belgique voisine, à l’ancien bocage resté coincé entre deux routes, certaines forêts valent de l’or sur le plan de la biodiversité. Comment les distinguer ? Et où se cachent ces joyaux dans le Nord et le Pas-de-Calais?
Chaque espace boisé forme un écosystème dont la vitalité repose sur un subtil équilibre. Plusieurs facteurs déterminent la richesse écologique d’un bois :
Au contraire, les bois monospécifiques ou très exploités (parfois appelés “plantations” plutôt qu’écosystèmes forestiers) sont souvent moins hospitaliers pour une faune et une flore variées.
Dans le Nord-Pas-de-Calais, les grandes forêts d’antan, comme la forêt d’Arrouaise (jadis près de 15 000 ha au Moyen Âge, source : Paysages en Nord), ont laissé la place à un damier de fragments forestiers, de bosquets et surtout de boisements secondaires dus à la reconquête végétale sur d’anciens sites industriels. Pourtant, certains espaces se démarquent :
On croise aussi des mini-forêts urbaines (une dizaine dans la MEL à ce jour, source : Métropole Européenne de Lille, 2023) qui montrent que richesse et superficie ne sont pas toujours liées.
L’ancienneté d’un peuplement forestier joue sur la qualité, plus encore que la quantité. Une étude de l’INRAE (2021) a montré que les "forêts anciennes" de France, présentes sur les cartes avant 1850 et quasi jamais défrichées, contiennent de 40 % à 60 % plus d’espèces spécialistes (lichens, coléoptères saproxyliques, champignons, flore vasculaire forestière) que les forêts plantées postérieurement. Ces espèces, dites "anciennes", sont incapables de recoloniser facilement les boisements neufs.
Les vieux bois de hêtres et de chênes du secteur de Phalempin-Templeuve abritent par exemple l’escargot de Quimper, indicateur précieux d’un passé forestier peu perturbé. À l’inverse, de jeunes bosquets ou forêts en reconquête peuvent héberger une grande diversité générale, mais surtout d’espèces pionnières.
Contrairement aux idées reçues, le bois mort et les arbres "en fin de vie" sont de véritables centrales de biodiversité. Une publication du Muséum national d’Histoire naturelle (2018) estime que près d’un tiers des espèces forestières dépendent du bois mort à un moment de leur vie. Oiseaux (pic noir, chouette hulotte), insectes xylophages, mais aussi champignons rares (amadouviers, polypores)… la présence d’environ 20 à 30 m³/ha de bois mort, seuil jugé “écologiquement optimal”, n’est atteinte que dans les forêts très peu exploitées, et rarement en France.
En France, la moyenne de bois mort en forêt n’est que de 12 m³/ha, bien en dessous de nos voisins allemands ou scandinaves (Source : IFN IGN). La préservation d’arbres âgés est donc capitale pour soutenir la richesse écologique locale.
Certains organismes témoignent d’un équilibre écologique favorable. Parmi eux :
Leur observation régulière dans un espace boisé témoigne de sa valeur pour la biodiversité régionale.
Malgré leur importance, ces milieux font face à de nombreuses pressions :
Ces mutations affectent la capacité des forêts et bosquets à jouer leur rôle de refuges face aux bouleversements climatiques.
Pour sauvegarder cette mosaïque vivante, les priorités sont claires : préserver les derniers bois anciens et leurs micro-habitats, développer les connexions par des plantations diversifiées (haies, bosquets, trames vertes) et ménager la gestion forestière (laisser une part de bois mort, éviter les coupes rases, privilégier l’enrichissement naturel et la régénération spontanée).
À l’échelle citoyenne, connaître les boisements de son secteur, participer à des inventaires participatifs (via l’Observatoire Faune-France ou auprès de la LPO) ou signaler la présence d’espèces indicatrices sont autant de gestes qui contribuent à la protection de la biodiversité locale.
Chaque bosquet recèle de véritables promesses écologiques. Qu’il s’agisse d’une grande hêtraie, d’un rideau boisé urbain ou d’un modeste ilôt forestier sur terril, la richesse des espaces boisés dépend avant tout de notre capacité à les comprendre… et à les laisser évoluer dans toute leur complexité.