Trame verte : la colonne vertébrale terrestre de la biodiversité
La trame verte est constituée de tous les réservoirs de biodiversité terrestre (forêts, bocages, haies, friches, pelouses sèches…), mais aussi des corridors écologiques permettant aux espèces de se déplacer. Ces bandes, reliées entre elles, forment une sorte « d’autoroute » pour la microfaune, les mammifères, les oiseaux, les insectes, et une grande partie de la flore.
- Réservoirs : massifs forestiers, grands parcs, sites classés “Natura 2000” pour leur richesse faunistique
- Corridors : talus boisés, haies bocagères interurbaines, trames arbustives en bord de chemin, anciennes voies ferrées reconnues pour leur biodiversité
Une étude INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, 2022) indique qu’en France, plus de 50 % des espèces terrestres protégées dépendent directement de la qualité et de la continuité de ces trames pour assurer leur survie et leur reproduction. Cela concerne par exemple le Hérisson d’Europe (aujourd’hui en déclin), la Chevêche d’Athéna, ou diverses espèces d’orchidées.
Les habitats fragmentés : une urgence silencieuse
D’après le Muséum national d’Histoire naturelle, la perte et la fragmentation des habitats naturels sont responsables de près de 75 % du déclin de la biodiversité terrestre en France. Chaque autoroute, chaque lotissement, chaque zone commerciale coupe de vieux passages séculaires utilisés par la faune.
Sur le territoire d’Hénin-Carvin, le nombre de haies a, par exemple, chuté de 30 % entre 1980 et 2010 (Observatoire de la biodiversité en Hauts-de-France). Remettre à l’honneur ces corridors terrestres, c’est donc plus que de la conservation : c’est recréer du “vivant continu”.