Marcher en forêt autrement : adopter de bonnes pratiques pour préserver la nature

26/12/2025

Pourquoi prêter attention à ses pratiques en forêt ?

La forêt – qu’on arpente à Hénin-Carvin, dans le Pas-de-Calais ou ailleurs – est à la fois refuge pour la biodiversité et source d’oxygène pour nos territoires. Selon l’IGN, la forêt française couvre 31% du territoire et abrite plus de 136 espèces d’arbres et des milliers d’espèces animales et végétales (IGN). Pourtant, seulement 20% de nos concitoyens déclarent connaître les règles du bon comportement en forêt (source : Office national des forêts). À chaque promenade, même la plus anodine, on influence ces équilibres fragiles. Adapter son comportement, ce n’est pas marcher sur des œufs : c’est marcher avec discernement et respect.

Préparer sa sortie : anticiper pour mieux profiter

  • Consultez la météo avant de partir : évitez les jours de vents forts, synonymes de risque accru de chutes de branches. En France, 23% des accidents en forêt sont liés à la météo (source : ONF).
  • Préparez un sac approprié : gourde réutilisable, vêtements couvrants adaptés à la saison, chapeau, anti-moustique naturel – la tic est responsable de 95% des cas de maladie de Lyme en France (Santé Publique France).
  • Renseignez-vous sur les zones sensibles : certaines parties de forêts sont soumises à des restrictions temporaires (nidifications, travaux…), notamment dans les espaces Natura 2000.
  • Privilégiez les sentiers balisés : ils représentent moins de 8% de la surface forestière, mais permettent de canaliser la fréquentation et limiter le piétinement de la flore fragile (source : Fédération Française de Randonnée Pédestre).

Sur les chemins : les règles d’or pour préserver la forêt

Rester sur les sentiers pour protéger la faune et la flore

Quitter les chemins peut paraître anodin, mais ce geste favorise le piétinement de jeunes pousses, l’érosion des sols et la perturbation de micro-habitats (mousses, champignons…). Un sol forestier met jusqu’à 100 ans à reconstituer 1 cm d’humus (source : INRAE). Les animaux aussi en pâtissent : passereaux nichant au sol, petits mammifères fuyant aux moindres bruits…

  • Respectez les barrières et signalétiques mises en place.
  • Adaptez votre groupe : espacez-vous pour moins tasser le sol.
  • Observez attentivement sans ramasser : photographier vaut mieux que cueillir.

Limiter le bruit et les intrusions

La forêt n’est pas un espace silencieux – elle bruisse et pulse d’une vie souvent invisible. Toutefois, nos voix, cris et musiques portées par le vent peuvent désorienter et stresser la faune : une étude menée dans le Morvan a montré que la simple présence humaine suffit à modifier le comportement d’alimentation de plusieurs espèces d’oiseaux (Revue "Écosphère").

  • Évitez les cris, préférez les discussions à voix basse.
  • Laissez vos smartphones en mode silencieux – vos oreilles découvrent alors la forêt autrement.

Tenir ses animaux de compagnie en laisse

Même le plus calme des chiens peut, en quelques secondes, devenir source de frayeur pour la faune ou déranger des espèces protégées. Hors des sentiers autorisés, un chien est susceptible de perturber jusqu’à 80% de la petite faune sur 200 mètres autour de lui (source : OFB). Entre avril et juillet, période principale de reproduction, la vigilance s’impose.

  • Gardez chiens et chats sous contrôle – dans plusieurs massifs, des arrêtés municipaux précisent déjà cette obligation.
  • Evitez les laisses à enrouleur longues : elles élargissent le périmètre de dérangement.

Respecter ce qui vit, éviter ce qui blesse

Pratiques responsables face à la flore

La cueillette, geste ancestral, est souvent tentante. Pourtant, plusieurs plantes emblématiques des forêts du Nord–Pas-de-Calais, telles que l’anémone des bois, le muguet sauvage ou certaines orchidées, sont protégées par la loi. Même banaliser la cueillette de champignons ou de végétaux courants n’est pas sans conséquences : chaque année, près de 30 espèces sont menacées en France par la surexploitation, d’après l’UICN France.

  • Renseignez-vous sur la réglementation locale (protections, quantités…)
  • Évitez toute cueillette en cas de doute : une plante rare met des années à se régénérer sur un site.
  • Laissez les premières fleurs et champignons : elles nourrissent la faune avant nous.
  • N’utilisez pas d’outils pour couper ou arracher : ils créent souvent des blessures permanentes à la plante.

Ramasser ou laisser en place ? Le cas des bois morts et pierres

Enlèvements de branches mortes, petits bouts de bois pour allumer un feu ou ériger une cabane : ces gestes sont lourds de conséquences. Le bois mort accueille plus de 1 700 espèces d’insectes en France (source : INPN), ainsi que de nombreuses mousses, champignons et petits mammifères. Leur disparition appauvrit la forêt.

  • Laissez le bois mort au sol : il fait partie intégrante de la vie du milieu.
  • Ne déplacez pas les pierres : elles servent d’abris à des reptiles, amphibiens, insectes et même à la reproduction de certaines espèces.
  • Prenez les photos : chaque site conserve mieux son authenticité ainsi.

Déchets et traces humaines : vers le zéro impact

Malgré les campagnes de sensibilisation, chaque année, 1 400 tonnes de déchets sont ramassés dans les forêts françaises par l’ONF. Du simple mouchoir à la canette, en passant par les restes de pique-nique, ces éléments modifient le cycle des sols, polluent, blessent la faune ou facilitent la propagation d’espèces invasives.

  • Gardez toujours un petit sac pour repartir avec vos déchets.
  • Pensez à ramener également les déchets « organiques » (épluchures, restes de fruits non locaux…), qui déséquilibrent les apports naturels en forêt.
  • En tant que promeneur, n’hésitez pas à ramasser ce que vous trouvez, même si ce n’est pas le vôtre – c’est une contribution salutaire.

Gestes particuliers : attention aux feux et au camping sauvage

80% des incendies sont d’origine humaine en France, souligne le Ministère de la Transition écologique. Le feu, outre ses conséquences dévastatrices immédiates, stérilise le sol pour des années et déclenche des mouvements animaux paniqués. Le camping sauvage, lui, fragilise durablement les sous-bois et pollue l’atmosphère en accumulant matelas, déchets, et feux de camp non maîtrisés.

  • Ne faites jamais de feu en dehors des zones autorisées (aires aménagées, refuges gérés…).
  • Respectez l’interdiction stricte de camper hors des lieux prévus à cet effet (voir sur le site de l’ONF ou auprès de votre mairie locale).
  • Méfiez-vous des lampes à gaz ou réchauds : même un petit foyer peut suffire à déclencher un sinistre si la végétation est sèche.

Coexistence et respect des autres usagers

La forêt rassemble une large diversité de pratiques : promeneurs du dimanche, coureurs, cyclistes, mais aussi gestionnaires forestiers, chasseurs, chercheurs ou mycologues. Sur le massif boisé de Notre-Dame-de-Lorette, entre Lens et Arras, on compte parfois jusqu’à 1 500 visiteurs sur un week-end (source : Conseil Départemental du Pas-de-Calais).

  • Respectez la tranquillité de chacun : ralentissez à l’approche de groupes, faites un signe aux cyclistes, soyez attentif à la présence d’enfants.
  • Si un chantier forestier ou une opération de débroussaillage est en cours, éloignez-vous prudemment et respectez les itinéraires de déviation.
  • En période de battue de chasse (variable d’une commune à l’autre), informez-vous auprès de la mairie et respectez les parcours indiqués pour votre sécurité.

Des expériences à faire… sans nuire à la forêt

Observer la nature en conscience

  • Munissez-vous de jumelles pour observer discrètement sans déranger.
  • Utilisez un carnet pour noter ou dessiner vos découvertes : flore, empreintes animales, textures de l’écorce, etc.
  • Participez à des sorties guidées avec des naturalistes locaux, pour mieux comprendre les enjeux de conservation – l’antenne du CPIE Chaîne des Terrils propose régulièrement des balades pédagogiques.

Impliquer les enfants en forêt : apprendre par l’émerveillement

La forêt est un formidable terrain d’éveil, à condition de fixer des règles simples et de privilégier le contact doux plutôt que l’appropriation. En France, 80% des enfants de moins de 10 ans passent moins de deux heures par semaine dehors (source : Fondation pour la Nature et l’Homme).

  • Proposez-leur des activités basées sur l’observation (quels sons ? quelles couleurs ? qu’est-ce qui gratte la terre ?).
  • Expliquez que toute découverte, même minuscule, doit être laissée en place pour permettre à d’autres de la vivre.
  • Sensibilisez-les au rôle de chaque être vivant : même le plus modeste insecte a son importance.

Faire de chaque sortie un acte engagé et joyeux

Adopter de bonnes pratiques lors des balades en forêt, c’est allier sa soif de découverte à la sauvegarde active de la biodiversité. Marcher différemment, prendre le temps d’observer, de comprendre l’histoire de chaque arbre centenaire ou buisson épineux, c’est aussi fabriquer d’autres souvenirs : ceux du respect et de l’émerveillement partagés. La forêt, territoire commun, dépend de notre attitude à tous. Chaque geste compte, du plus discret au plus délibéré : ceux-là même forgent l’avenir des forêts, d’Hénin-Carvin à toute la France.

En savoir plus à ce sujet :