Focus sur les principaux bois et forêts du territoire
Découverte de quelques figures majeures du patrimoine forestier local — havres de biodiversité et mémoires de la vie quotidienne d’autrefois et d’aujourd’hui.
Le Bois de Florimond (Hénin-Beaumont / Noyelles-Godault)
Le Bois de Florimond est sans doute le plus fameux du secteur. S’étendant sur un peu plus de 55 hectares, il occupe une position centrale entre Hénin-Beaumont et Noyelles-Godault. Sa particularité ? C’est un bois composite, modelé par des siècles d’usages agricoles puis par l’industrialisation.
- Essences principales : On y rencontre une dominance de chênes pédonculés, mais aussi des frênes, des charmes et des bouleaux qui colonisent les clairières.
- Biodiversité : Le Bois de Florimond est réputé pour ses populations de pics (pic épeiche, pic mar), de chevreuils, de renards et de hérissons. L’inventaire floristique a mis en avant la présence de près de 200 espèces végétales, dont des jacinthes sauvages tapissant le sous-bois au printemps.
- Usages : Ancienne réserve de chasse, le bois est aujourd’hui un espace partagé entre balades, parcours sportifs, pédagogie nature et gestion forestière.
Le Bois de Florimond témoigne aussi de l’ancien réseau bocager, car on y trouve encore des alignements de vieux fruitiers et frênes têtards, vestiges du paysage rural de jadis.
Le Bois Rigaut (Dourges)
Autre rescapé, le Bois Rigaut, localisé en bordure Est de Dourges, s’étend sur près de 25 hectares, et présente la particularité d’être une “forêt-patchwork”. Il mêle friches, plantations récentes et fragments de vieux taillis sous futaie.
- Faune et flore : Milieu de transition, le Bois Rigaut accueille le lézard vivipare, des blaireaux, la pipistrelle commune, et de nombreuses espèces de champignons. Les peuplements de sureaux noirs et de cornouillers témoignent d’anciens lisières talutées.
- Histoire : Encalminé entre route, friche logistique et bassin filtrant, il a longtemps servi de zone tampon entre la ville et l’industrie ; aujourd’hui, de nombreux habitants viennent s’y ressourcer.
- Pédagogie : Il figure dans les sorties scolaires et ateliers “bain de forêt” menés par les associations locales.
Le Bois des Îles et Terrils (Hénin-Beaumont / Rouvroy)
Ce vaste espace, qui inclut la ZAC des Îles et plusieurs terrils boisés (dont le célèbre Terril 94), illustre parfaitement le dialogue entre histoire minière et recolonisation forestière. Ces forêts récentes, issues de la reconversion de sites miniers, couvrent aujourd’hui près de 60 hectares.
- Biodiversité remarquable : Le mélange de substrats (schistes, cendres…) offre des habitats pour des orchidées sauvages (notamment l’ophrys abeille), des fauvettes grisettes et une grande diversité de lépidoptères.
- Essences : Majoritairement bouleaux, peupliers, saules, pins sylvestres — ces pionniers ont été rejoints par des érables champêtres et des chênes plus récemment plantés pour stabiliser les versants.
L’ensemble forme l’un des plus grands “boisements nouveaux” du territoire, sanctuaire pour de nombreuses espèces qui avaient disparu pendant l’ère industrielle.
Boisements de la Deûle (Courrières, Montigny-en-Gohelle, Hénin-Beaumont)
Tout le long de la Deûle, de larges bandes boisées jouent le rôle de corridors écologiques. Environ 40 hectares forment des linéaires riches, avec ripisylves (bords de cours d’eau plantés), bosquets et alignements de peupliers noirs, d’aulnes glutineux, d’ormes et de saules plusieurs fois centenaires.
- Fonction écologique clé : Ces boisements, connectés à des zones humides, servent de refuges à la loutre d’Europe (qui fait son retour), à la bergeronnette des ruisseaux, ainsi qu’à des libellules très rares dans la région.
- Aménagements : Plusieurs sentiers et pistes cyclables parcourent cet espace, favorisant la reconnexion entre villes, nature et histoire fluviale.