Installer un nichoir à mésanges : orientation, hauteur et période de pose
Les mésanges recherchent des cavités pour nicher, mais les arbres âgés présentant des trous naturels ne sont pas présents partout. Un nichoir peut donc compl...
07/03/2026
Le patrimoine humide de l’agglomération Hénin-Carvin est caractérisé par une grande diversité physique et écologique. Des mares de terrils dissimulées sous les saules aux ruisseaux bordant les anciennes sablières, ces milieux portent encore les traces de l’histoire industrielle, tout en hébergeant une biodiversité fragile. Si la région Hauts-de-France a perdu en moyenne 60% de ses zones humides depuis un siècle (France Nature Environnement), Hénin-Carvin conserve plusieurs sites remarquables, comme le marais de Billy-Montigny, la zone de Courrières ou le parc des Iles à Hénin-Beaumont, qui font l’objet d’initiatives de préservation locales.
La Communauté d’Agglomération pilote, depuis 2012, l’élaboration et la mise en œuvre du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE Deûle Scarpe) qui couvre en partie le territoire. Ce document-cadre, élaboré en concertation avec de nombreux partenaires, oriente les politiques locales sur la gestion des milieux aquatiques, incluant la restauration des zones humides, l’entretien des rivières et la concertation foncière. Dans la pratique, la CAHC coordonne des projets tels que :
À l’échelle communale, certaines mairies comme celle de Courrières ou de Billy-Montigny jouent un rôle essentiel dans :
Partenaire technique et financier incontournable, l’agence de l’eau oriente une partie de ses subventions vers la restauration de mares, la lutte contre l’artificialisation des sols et la mobilisation des riverains. Par exemple, en 2022, plus de 900 000 euros ont été alloués à des projets de préservation de zones humides dans le bassin Artois-Picardie (Source : Agence de l’eau Artois-Picardie).
Le territoire compte plusieurs acteurs historiques ou émergents :
Souvent méconnus, les acteurs de la pêche – fédérations départementales ou associations locales – participent à la gestion écologique des plans d’eau et à la surveillance de la qualité de l’eau. Certains AAPPMA (Associations Agréées pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique) financent et réalisent également de petites restaurations de berges, plantations d’hélophytes (plantes rivulaires), etc.
Le Conservatoire d’Espaces Naturels des Hauts-de-France intervient ponctuellement pour des diagnostics écologiques, des plans de gestion et des actions de préservation foncière, notamment sur certaines zones relictuelles de tourbières ou de prairies humides. Ce Conservatoire assure par exemple le suivi des sites à hautes valeurs écologiques, souvent en partenariat avec la Région et la CAHC.
L’Université de Lille, l’ISA (Institut Supérieur d’Agriculture) ou encore AgroParisTech-Lille interviennent sur le bassin minier à travers des programmes de suivi hydrologique, de cartographies de la faune aquatique, ou de recherches sur la reconversion écologique de friches industrielles.
En 2020-2023, un projet mené sur les zones humides reconverties de Billy-Montigny a montré une augmentation de 23% des espèces d’odonates (libellules et demoiselles) en moins de 4 ans après la restauration végétale des berges – un indice fort du succès des efforts conjoints (Source : Observatoire régional de la biodiversité Hauts-de-France).
Dans un secteur où la place de l’agriculture reste marquée par l’histoire et le paysage, la préservation des zones humides ne peut s’envisager sans les agriculteurs. Le dispositif MAEC (Mesures Agro-Environnementales et Climatiques) a permis, entre 2015 et 2023, de contractualiser près de 250 hectares en herbage inondable ou prairies humides à gestion extensive sur l’agglomération et ses abords. Ces surfaces, fauchées tardivement ou pâturées à faible charge, maintiennent un habitat riche en oiseaux d’eau et insectes rares.
Certains exploitants individuels ont même restauré plusieurs mares, ou accueilli des haies rivulaires sur leurs parcelles, parfois avec l’appui de la Chambre d’Agriculture ou d’associations de terrains. Ces initiatives sont souvent peu visibles… mais agissent en profondeur pour la trame bleue locale.
La préservation des zones humides à Hénin-Carvin ne repose sur aucun acteur isolé, mais bien sur un maillage vivant et résilient de personnes, de métiers et d’engagements complémentaires. Ce réseau local s’inscrit dans une dynamique nationale, rappelée chaque année lors de la Journée mondiale des zones humides, qui fédère ateliers publics, sorties, chantiers école et restitutions d’études.
Un défi reste toutefois omniprésent : la sensibilisation continue et la co-construction des usages, alors que s’affrontent parfois les intérêts économiques, urbanistiques ou de loisirs… La réussite dépendra, pour demain, de la capacité à maintenir un dialogue nourri entre collectivités, associations, écoles, agriculteurs et citoyens. Plus les regards, compétences et envies s’unissent, plus les zones humides d’Hénin-Carvin garderont leurs couleurs, leurs eaux claires et leur biodiversité, au sein d’un territoire où nature et humain tissent ensemble le paysage de demain.
Sources principales :